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Épilepsie et sommeil

L’épilepsie est un groupe de plus de 30 troubles dans lesquels une activité cérébrale anormale entraîne une prédisposition aux crises. Il affecte environ 1 Américain sur 26 et est le 4e trouble neurologique le plus courant, après les migraines, les accidents vasculaires cérébraux et la maladie d’Alzheimer.

L’épilepsie et le sommeil ont une relation bidirectionnelle, ce qui signifie qu’un mauvais sommeil peut déclencher des crises d’épilepsie et, en même temps, l’épilepsie peut contribuer à des problèmes de sommeil.

L’apprentissage de cette relation complexe peut aider les personnes épileptiques à comprendre l’impact de cette condition sur le sommeil, à connaître les risques de perdre le sommeil et à leur donner les moyens de prendre leur santé en main.

L’épilepsie et le cerveau

Le cerveau est constitué de cellules nerveuses qui communiquent par de petites impulsions électriques. Ces impulsions voyagent dans tout le corps en utilisant des messagers chimiques appelés neurotransmetteurs. Normalement, l’activité électrique du cerveau est relativement ordonnée.

Chez les personnes atteintes d’épilepsie, l’ activité et les connexions électriques du cerveau deviennent anormales, avec des poussées soudaines d’impulsions électriques qui affectent les pensées, les sentiments et les actions d’une personne. Il existe de nombreux types de syndromes d’épilepsie et d’épilepsie.

Épilepsie et sommeil

Les médecins et les scientifiques ont depuis longtemps observé une relation entre le sommeil et les crises d’épilepsie. Aristote a observé ce lien dans l’Antiquité, et les médecins de la fin du 19e siècle ont reconnu que la plupart des crises nocturnes se produisent à proximité du moment où une personne s’endort et lorsqu’elle se réveille.

Les chercheurs continuent d’étudier de nombreux liens importants entre le sommeil et l’épilepsie. Le sommeil est un outil précieux pour diagnostiquer l’épilepsie et la recherche continue d’explorer l’impact du sommeil sur le moment et la fréquence des crises.

Diagnostiquer l’épilepsie

Les médecins envisagent un diagnostic d’épilepsie lorsqu’une personne a au moins deux crises non provoquées à au moins 24 heures d’intervalle. Alors que les crises d’épilepsie peuvent être liées à des conditions médicales, des lésions cérébrales, un développement cérébral anormal ou une maladie génétique héréditaire, le plus souvent la cause est inconnue.

Lorsqu’un neurologue évalue une personne ayant des crises, un outil qu’il utilise est un électroencéphalogramme (EEG). Les EEG sont utilisés pour détecter la présence et l’emplacement d’une activité électrique anormale dans le cerveau5, qui indique aux médecins si l’activité anormale provient de tout le cerveau ou seulement d’une petite partie. Les neurologues recherchent également des modèles spécifiques d’activité cérébrale sur les EEG, appelés anomalies épileptiformes. Ces ondes cérébrales anormales peuvent apparaître sous forme de pointes, d’ondes pointues ou de modèles d’ondes de pointe6.

Les anomalies épileptiformes sont plus susceptibles de se produire pendant certains types de sommeil, en particulier pendant les stades de sommeil impliquant un sommeil à mouvements oculaires non rapides (NREM). Pour augmenter la probabilité de trouver ces anomalies épileptiformes lors d’un examen, les patients peuvent être invités à dormir pendant une partie d’un EEG8.

Crises d’épilepsie pendant le sommeil

Les crises d’épilepsie peuvent survenir à tout moment du jour ou de la nuit. Environ 20% des personnes épileptiques n’ont des convulsions que pendant le sommeil, tandis que 40% n’ont des convulsions que lorsqu’elles sont éveillées et 35% ont des convulsions à la fois éveillées et endormies.

Une hypothèse sur le lien entre le sommeil et l’activité épileptique concerne la manière dont l’activité électrique dans différentes zones du cerveau a tendance à se synchroniser pendant le sommeil NREM. Une synchronisation excessive ou hyper-synchronisée peut entraîner des convulsions. Une autre hypothèse concerne les changements physiologiques associés aux rythmes circadiens et à la production de mélatonine.

Plusieurs syndromes d’épilepsie courants impliquent des convulsions qui surviennent pendant le sommeil.

  • Épilepsie nocturne du lobe frontal (NFLE): Chez les personnes diagnostiquées avec NFLE, presque toutes les crises se produisent pendant le sommeil NREM. Cette condition peut survenir à tout âge, mais commence le plus souvent dans l’enfance. Après le réveil, les personnes atteintes de NFLE peuvent ne pas être au courant des crises nocturnes.
  • Épilepsie bénigne avec pointes centrotemporales (BECTS): La BECTS est l’épilepsie la plus fréquemment diagnostiquée chez les enfants, commençant généralement entre 3 et 13 ans. Les enfants atteints de ce type d’épilepsie ont 70% des crises pendant le sommeil, généralement juste après s’être endormis ou juste avant de se réveiller le matin.
  • Syndrome de Panayiotopoulos: ce type d’épilepsie apparaît généralement le plus souvent chez les enfants entre 3 et 6 ans. Environ 70% des crises surviennent pendant le sommeil et 13% supplémentaires se produisent lorsque l’enfant se réveille. Heureusement, la plupart des enfants atteints de ce syndrome ont moins de cinq crises avant d’entrer en rémission.

Les autres épilepsies qui surviennent principalement pendant le sommeil comprennent l’épilepsie du lobe frontal nocturne autosomique dominante, le syndrome de Lennox-Gastaut et l’épilepsie avec onde de pointe continue pendant le sommeil (CSWS).

Épilepsie et privation de sommeil

Obtenir la bonne quantité de sommeil est important pour les personnes épileptiques. Bien que ce lien ne soit pas présent chez tous les patients, la perte de sommeil peut augmenter la fréquence des crises chez les personnes épileptiques, y compris celles qui n’ont pas d’antécédents de crises.

Une hypothèse expliquant pourquoi la privation de sommeil peut déclencher des crises est liée à l’excitabilité neuronale. En cas de sous-sommeil, les neurones du cerveau sont plus susceptibles de produire de grands changements dans l’activité électrique. Chez une personne épileptique, ces changements importants de l’activité électrique peuvent devenir anormaux et entraîner une crise.

Épilepsie et troubles du sommeil

Le sommeil est vital pour la santé mentale et physique. Malheureusement, les troubles du sommeil sont courants chez les personnes atteintes d’épilepsie. Il existe plusieurs types de troubles du sommeil liés à l’épilepsie.

  • Insomnie: Des difficultés à s’endormir et à rester endormies sont courantes chez les personnes diagnostiquées épileptiques, entre 24 et 55% souffrant d’ insomnie. L’insomnie chez les personnes épileptiques peut être causée par plusieurs facteurs, tels que les crises nocturnes, les médicaments et les effets de l’anxiété et de la dépression.
  • Apnée obstructive du sommeil: l’apnée   obstructive du sommeil (AOS) est un trouble respiratoire impliquant un effondrement complet ou partiel des voies respiratoires supérieures pendant le sommeil. L’AOS affecte jusqu’à 30% des personnes épileptiques, ce qui est deux fois plus fréquent que dans la population générale. Cette condition peut provoquer des ronflements, des réveils fréquents et rendre plus difficile une bonne nuit de sommeil.

Les parasomnies sont des troubles du sommeil qui impliquent des comportements inhabituels qui surviennent à la fois avant et pendant le sommeil, ainsi qu’au réveil. Les parasomnies peuvent être classées en trois groupes: parasomnies liées au NREM, liées au REM et autres.

Les chercheurs démêlent encore la relation complexe entre les parasomnies et l’épilepsie. Certaines formes d’épilepsie sont difficiles à différencier des parasomnies et de nombreuses personnes atteintes d’épilepsie reçoivent également un diagnostic de parasomnie.

  • Parasomnies liées au NREM: Ce groupe de troubles comprend le somnambulisme, les terreurs du sommeil et les troubles de l’excitation. Certains types d’épilepsie, comme l’épilepsie nocturne du lobe frontal, les troubles de l’excitation miroir et il peut être difficile de faire la différence entre ces conditions. Pour compliquer davantage cette dinstinction, des troubles de l’excitation se retrouvent dans les antécédents familiaux de près d’un tiers des patients atteints d’épilepsie nocturne du lobe frontal.
  • Parasomnies liées au REM : Le trouble du comportement du sommeil paradoxal, un type de parasomnie lié au REM, implique des vocalisations et des mouvements corporels soudains pendant le sommeil. Cette condition n’est souvent pas diagnostiquée et peut survenir chez jusqu’à 12% des personnes âgées atteintes d’épilepsie.

L’épilepsie et les enfants

L’enfance est une période de croissance et de développement immenses. Le sommeil est particulièrement important pendant cette période, jouant un rôle dans tout, de la croissance à l’ apprentissage et à la mémoire.

Les problèmes de sommeil sont courants chez les enfants épileptiques. Dans une recherche comparant les enfants épileptiques à leurs frères et sœurs non atteints, les enfants épileptiques ont plus de mal à s’endormir et à rester endormis, plus de troubles du sommeil et une somnolence diurne accrue.

La gestion des problèmes de sommeil est importante chez les enfants épileptiques. Des troubles respiratoires liés au sommeil comme l’AOS sont présents chez 30 à 60% des enfants épileptiques, et des parasomnies sont fréquemment observées avec certains types d’épilepsie infantile.

Alors que les stratégies pour améliorer les troubles du sommeil chez les enfants épileptiques sont toujours à l’étude, plusieurs chercheurs soulignent les avantages des interventions parentales chez les enfants atteints d’autres conditions qui affectent le sommeil. Les parents d’enfants atteints d’épilepsie peuvent bénéficier de discussions avec l’équipe médicale de l’enfant pour personnaliser une approche de traitement des problèmes de sommeil afin de réduire les crises et de minimiser les complications à long terme.

Gérer l’épilepsie

Le traitement de l’épilepsie peut aider de nombreuses personnes à gérer la fréquence des crises. Le traitement implique le plus souvent des médicaments, appelés anticonvulsivants ou antiépileptiques. D’autres options thérapeutiques comprennent la chirurgie et la stimulation du nerf vague, qui peuvent aider lorsque les crises ne sont pas bien contrôlées avec des médicaments.

Les personnes atteintes d’épilepsie bénéficient également de changements de mode de vie qui les aident à prendre en charge leur santé et potentiellement à réduire les crises. Les stratégies d’autogestion, comme dormir suffisamment et modifier son alimentation, peuvent jouer un rôle important dans la gestion de l’épilepsie.

Médicaments et épilepsie

Les médicaments antiépileptiques peuvent affecter le sommeil, bien qu’il soit souvent difficile de déterminer si les problèmes de sommeil sont dus à des médicaments ou aux effets physiques et sociaux de l’épilepsie. Les effets secondaires de ces médicaments peuvent varier d’un patient à l’autre. Certains médicaments peuvent causer de la somnolence, tandis que d’autres peuvent les amener à se sentir plus alertes.

Les médecins peuvent utiliser les effets potentiels des médicaments antiépileptiques au profit des patients ayant des problèmes de sommeil. Par exemple, les médecins peuvent prescrire l’utilisation nocturne de médicaments antiépileptiques qui provoquent de la somnolence chez les patients souffrant d’insomnie. Ils peuvent prescrire l’utilisation de médicaments antiépileptiques pendant la journée avec des effets stimulants pour les patients souffrant de somnolence diurne.

De nombreuses personnes atteintes d’épilepsie se demandent si les somnifères peuvent les aider à mieux dormir et à minimiser les crises. À ce jour, l’effet de la mélatonine sur la qualité du sommeil chez les patients épileptiques n’est pas concluant. Toute personne épileptique intéressée à utiliser des somnifères doit consulter son médecin pour obtenir des conseils.

Conseils pour mieux dormir

La perte de sommeil peut affecter l’humeur et la qualité de vie des personnes épileptiques. En fait, l’une des plaintes les plus courantes chez les personnes épileptiques est la somnolence diurne excessive. Les problèmes de sommeil chez les personnes épileptiques sont probablement dus à une combinaison de facteurs, notamment les effets des crises nocturnes, les effets secondaires des médicaments antiépileptiques et le stress et l’anxiété qui vont souvent de pair avec la gestion de l’épilepsie et la lutte contre la stigmatisation sociale.

Les personnes atteintes d’épilepsie peuvent bénéficier de travailler en étroite collaboration avec leur équipe médicale et de communiquer sur les problèmes de sommeil qu’elles rencontrent. Voici plusieurs sujets qui peuvent être utiles à discuter avec un médecin:

  • Renseignez-vous sur les troubles du sommeil : Parlez à votre médecin d’un trouble du sommeil potentiellement non diagnostiqué qui, s’il est traité, pourrait vous aider à mieux gérer l’épilepsie. Par exemple, le traitement des troubles du sommeil tels que l’AOS peut aider à réduire les crises jusqu’à 50%.
  • Parlez des effets secondaires des médicaments : il est important que les médecins sachent si les médicaments antiépileptiques fonctionnent et s’il y a des effets secondaires inattendus. Demandez à votre médecin quels sont les effets indésirables auxquels vous devez vous attendre et tenez-le informé de tout effet indésirable que vous ressentez.
  • Discutez du stress et de l’anxiété : vivre avec l’épilepsie peut transformer la vie d’une personne et être épuisant à la fois physiquement et émotionnellement. Il est normal de ressentir une variété d’émotions et de changer les émotions. Parler de vos sentiments à un médecin, à un groupe de soutien ou à un conseiller peut être bénéfique. Ces professionnels peuvent vous offrir un soutien et vous aider à apprendre à faire face au stress et à l’anxiété qui peuvent nuire à un sommeil de qualité.

Tout en travaillant avec l’équipe médicale pour gérer les problèmes de sommeil, les personnes épileptiques peuvent également bénéficier d’une amélioration de leur hygiène de sommeil. Une bonne hygiène du sommeil favorise un repos de qualité en se concentrant sur les habitudes qui affectent le sommeil. Voici quelques conseils pour améliorer l’hygiène du sommeil:

  • Planifiez votre sommeil : Avoir un horaire de sommeil cohérent vous permet de dormir pleinement. Faites du sommeil une priorité et essayez de vous coucher et de vous réveiller à la même heure chaque jour, même le week-end.
  • Faites une routine nocturne : la création d’une routine nocturne peut aider votre corps à se détendre avant le coucher, vous permettant de vous endormir plus rapidement. Essayez de régler une alarme pendant 30 à 60 minutes avant de vous coucher pour vous rappeler d’éteindre les appareils électroniques, d’atténuer les lumières et de pratiquer des techniques de relaxation.
  • Améliorer les habitudes de jour : ce que nous faisons pendant que nous sommes éveillés peut avoir un impact significatif sur notre sommeil. Essayez de faire une bonne quantité d’activité physique et de lumière naturelle pendant la journée, et évitez de fumer, d’alcool, de caféine et de repas trop près de l’heure du coucher.

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